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    11102018


    C’est le Mardi 9 Octobre que Mr Frédéric Bailly diplomé de l’Ecole Supérieure de Commerce Extérieur et de l’Exécutive Master de Management Global des Entreprises de l’Université Paris-Dauphine est venu à l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de El Jadida initier une conférence sur l’Entreprenariat Social.
    Mr Bailly est aussi directeur général du groupe Alterna coopérative immobilière du groupe S.O.S et, depuis 2017, membre du directoire du groupe S.O.S. chargé de l’Action Internationale du développement et de la solidarité Internationale et Chevalier de l’Ordre national du mérite. Cette conférence s’est déroulée dans le bel amphithéâtre de l’école où  s’étaient installés outre la directrice de l’Institut français Mme Anne-Marie Thuillier, un bon nombre d’étudiants(es) de l’institut. Cette conférence consista en une  présentation de S.O.S Group en France, mais aussi à l’étranger et Mr Frédéric Bailly fit remarquer qu’il commençait à travailler avec certaines structures  à caractère social au Maroc. Les différentes activités du groupe furent présentées sous forme de diaporama où chacun a pu découvrir les différents secteurs d’intervention : Groupe SOS Jeunesse, Groupe SOS Emploi ; Groupe SOS santé ; Groupe SOS Solidarité ; Groupe SOS Seniors. Ces différents groupes représentent actuellement 480 établissements répartis dans 12 régions en France, en Guyane, à Mayotte et à la Réunion. Ce sont 44 associations, sociétés et coopératives soit plus de 15000 salariés avec un chiffre d’affaire de 850 millions d’euros. 

    Après la présentation de SOS Group, il fut demandé au public étudiant d’intervenir, de poser des questions. En réponse, ce fut un silence troublant. Nous aurions pu espérer que certains(es) professeurs de cette école viennent également participer à cette conférence par le débat, la contradiction et noter un certain nombre d’interrogations que suscite cet Entreprenariat Social. Commençons par le créateur de SOS Groupe Mr Jean-Marc Borello. Ce Monsieur  a été très engagé dans la lutte contre le Sida et fonde en 1984 avec Régine, l’ancienne ‘’Reine des Nuits Parisienne’’ l’association SOS Drogue International. En 1981, il rentrait au cabinet de Gaston Defferre à Marseille  De 1984 à 1986, il était chef de cabinet de  Gilbert Trigano délégué chargé des nouvelles formations auprès du Premier ministre, Laurent Fabius. Mr Borello était encore récemment socialiste. Puis en Octobre 2016, il devient le délégué national d’En Marche, le mouvement politique présidé par Emmanuel Macron dont il a été l’enseignant à Sciences Po à Paris. Il est aujourd’hui membre du bureau exécutif de En MarcheVoilà donc un homme qui passe du socialisme au libéralisme et qui convertit le social à l’économie de marché. J’ai interpellé Mr Bailly sur cet anachronisme, ce mélange des genres. Mr Bailly a dit qu’il ne connaissait pas Mr Borello (!!!) et que le président Macron n’était pas un libéral. Surprenant ! Rappel pour Mr Bailly : la définition du libéralisme : "Doctrine selon laquelle la liberté économique, le libre jeu de l'entreprise ne doivent pas être entravés". Oui Mr Macron est un libéral assumé la réforme du code du travail, celle de la SNCF, la privatisation progressive des entreprises publiques, l’application sans réserve de la commission européenne sur des pans entiers de l’économie des pays européens en attestent. SOS Group utilise des managements d’entreprises privées,avec des idéologues (des libéraux comme Macron et Borello) qui s’évertuent à détruire progressivement le rôle d’intervenant public nécessaire de l’Etat dans la santé, la vieillesse, les transports, l’eau, l’électricité, les Industries stratégiques, naval, armement, la formation professionnelle. Il y a de quoi sourire quand on sait que SOS groupe utilise comme modèle de développement des méthodes de gestions inspirées de l’entreprise privée alors que ses activités sont largement liées aux financement public. Sur le champ sanitaire et social, son premier financeur est la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) à hauteur de 210 millions € sur les 430 millions € de budget (chiffre 2011), les collectivités locales et la CPAM apportant 82,5 % des ressources du groupe. Une part qui passe à 78 % en 2012 du budget global qui atteint 560 millions € suite, notamment, à l'intégration d' Alpha Santé. Cette prédominance des fonds publics vient contredire en partie un autre élément du discours de l'entrepreneuriat social qui se conçoit comme une solution à la baisse des fonds publics. Le management des entreprises privées appliqué à l’entrepreneuriat social, on sait ce que cela donne dans les EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). Personnel soignant en sous effectif, toilettes des résidents baclées, menaces, personnel soignant embauché sans compétences. Des documents accablants de plusieurs émission française à savoir ‘’Zone Interdite’’, "Envoyé Spécial" ou "le magazine de Ophélie Meunier" sur M6 ont montré la situation scandaleuse de certains établissements privés. Comment manager  avec une doxa libérale des établissements de soins,des établissements de réinsertion, des établissements de fin de vie, des établissements de santé, de gens victimes du Sida ou de drogue sans créer de la souffrance psychologique, physique pour le personnel et  les patients, les gens en reconversion professionnelle tout ces gens qui bien souvent ont déjà été broyés, détruits par ce libéralisme sauvage qui détruit tout. On peut aussi parler de SOS Groupe Santé qui montre qu’entre le discours social et la réalité il y a parfois un gouffre. SOS Santé, structure sous convention collective 51, regroupant plusieurs établissements sanitaires, décidait en janvier 2012 de fermer le bloc opératoire de l’Hôpital d’Hayange pour raisons économiques. Or, plutôt que d’organiser le transfert de l’activité du bloc et ses salariés vers d’autres structures du groupe ou la céder au CHR public voisin de Metz-Thionville, il a organisé un certain chaos et de l’incertitude qui ont amené plusieurs salariés à démissionner dans la précipitation. Ces salariés, constatant qu’ils auraient pu conserver leur emploi avec une meilleure information ou bénéficier d’un plan de sauvegarde de l’emploi ont saisi le Conseil des Prud’hommes qui leur a donné raison, décision confirmée de manière encore plus dure par la Cour d’appel de Metz (Cour d’appel de Metz, Chambre sociale, Section 2, Arrêt du 10 janvier 2017, Répertoire général nº 15/03542), la Cour faisant également le constat que le groupe se dispensait de manière illégale de l’obligation de mettre en œuvre un plan de sauvegarde de l’emploi visé à l’article l’article L.1233-61 du Code du travail. Dans son intervention Mr Bailly nous a servi le refrain bien connu : ’’L’Etat n’a plus d’argent’’ alors celui-ci se libère de certaines missions et cède à l’initiative privée. Comment accepter l’idée que l’Etat n’a plus d’argent alors qu’il est victime de fraude fiscale et  d’évasion fiscale pour un montant qui se situe entre 60 et 80 milliards d’Euros. Revenons au Maroc : selon le journal Les Echos on parle de 3000 morts par an au travail dans le royaume chérifain.Entre 2005 et 2014  l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) elle, dit recenser entre 2005 et 2014 chaque année une moyenne de 43153 accidents du travail, toujours au Maroc.90% des marocains diplomés veulent partir à l’étranger.38.000 étudiants marocains vivent en France dont la plupart ne rentreront pas au Maroc. 8.000 cadres, 1.200 hommes d’affaires, 600 ingénieurs et 630 médecins ont quitté le Maroc en 2018. 7.000 médecins marocains en France et les ingénieurs se comptent par milliers…».(source rekrute)Face à ces drames ,ces hémorragies de savoir,de culture,ces espérances abandonnées de construire un Maroc novateur,entreprenant en adéquation avec son siècle. le libéralisme entrepreneurial peut-il être social?Permettez nous d’en douter,la compétition de tous contre tous nous montre chaque jour un peu plus le désastre qui s’annonce,il s’affiche au quotidien sur nos écrans.L’Humanité serait-elle devenue sourde et aveugle ?

    Sources:
    Le Journal ‘’Les Echos’’ Maroc
    Le journal ‘’le Point ‘’France
    SOS groupe critique du personnel(Glassdoor février 2017)
    Cour d’Appel de Metz
    CREREP Org(Centre de Ressources des Représentants du Personnel)
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