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    09072017
    Evénements de Al Hoceima - Ahmed Ghayet : la parole d'un sage

    Nous avions eu l'occasion, à l'initiative de l'Institut Français d'El Jadida, de rencontrer Ahmed Ghayet, ce "grand frère" né en France et qui fit ses "premières armes" en participant à la marche des jeunes contre le racisme lors d'autres événements, ceux des Minguettes à Vénissieux (cf. : Ahmed Ghahet, le "grand frère" de la ,jeunesse franco-marocaine). Paroles de sage et, finalement, de bon sens dans ses propos de sa chronique tenue dans "Aujourd'hui, le Maroc" que nous reproduisons ci-dessous.

    Ahmed Ghayet, lors de la rencontre du 07 mars 2017 à El Jadida


    Ahmed Ghayet a écrit:
    Al-Hoceima : Médiateurs, où êtes-vous ?

    Tout a été dit, tout se dit sur les événements de Al Hoceima, tout et son contraire, tout et n’importe quoi… Vérités, contrevérités, demi-vérités… Tout !?

    En fait non, une chose ne se dit pas, ne s’écrit pas, ne se fait pas entendre : nulle part sur les réseaux sociaux, sur les sites d’infos, dans les savantes analyses nous n’entendons le «langage du cœur».

    Nul ne parle fraternité, solidarité, amour, dialogue, réconciliation, entente… personne ne s’adresse à  la jeunesse, celle qui manifeste, celle qui revendique, celle qui enrage ou celle qui s’inquiète, celle qui craint le «retour de bâton», celle qui reste silencieuse… Entre manipulations extérieures et ennemis de l’intérieur, entre légitimes revendications et surenchères, entre indignation contre les projets sociaux en panne et le désert culturel d’un côté et «pompiers pyromanes» de l’autre… quel avis sincère peut se faire le citoyen «lambda» soucieux de la stabilité du pays ET épris de justice sociale, quelle opinion juste peut se faire le Marocain coincé dans un flot d’informations contradictoires et d’intox tous azimuts ?

    Les revendications de la population d’Al Hoceima, les espoirs et les colères des jeunes du Rif ne sont pas «exceptionnelles» en ce sens qu’elles sont identiques à celles que vivent et ressentent les citoyens de Beni-Mellal, de Salé ou d’Essaouira, bien sûr s’y greffent des particularités, des spécificités (identité, culture du cannabis, féodaux et barons locaux…/, etc.) mais soyons francs, rien qui ne soit irréparable, rien qui ne soit irréconciliable, rien qui ne soit irréalisable !

    La jeunesse d’Al Hoceima – à l’instar de la jeunesse du plus grand nombre de nos villes – souffre de  chômage, d’exclusion, elle a besoin de mesures sociales en matière d’éducation, de formation, de loisirs… dans le même temps c’est de reconnaissance que ces jeunes sont avides. L’INDH, le mouvement associatif, les actions culturelles, les nouvelles radios…ont permis d’ouvrir de nouvelles voies, cependant les jeunes continuent de vivre un sentiment de mépris, d’injustice… notamment dans leurs rapports avec l’administration et de la part des élus qui  les ignorent. Ils se sentent exclus d’un certain nombre de décisions les concernant directement et sans prise réelle sur leur vécu, d’autre part ils ne ressentent pas encore dans leur vie au quotidien les retombées concrètes et positives des «Grands Chantiers» du Royaume. En fait il faut d’urgence permettre le dialogue, montrer la prise en compte de leurs revendications, donner à nos jeunes une visibilité et le sentiment d’être des interlocuteurs reconnus. Ainsi la culture, le sport, l’action associative, domaines par excellence de la jeunesse, malheureusement désertés par les élus locaux, doivent être prioritaires. Les acteurs associatifs, les acteurs culturels, les animateurs sportifs… issus des quartiers, sont des médiateurs naturels. Ils  pourraient être intégrés avec succès par les gouverneurs  (notamment vu l’inertie des élus en ce domaine) dans des conseils locaux, afin d’entamer un dialogue et un partenariat sur le long terme, de lancer des initiatives concrètes dans les quartiers et de permettre une concertation avec les différentes parties concernées ( élus, autorités locales, INDH, etc.). Car le risque d’escalade existe, le danger d’un cercle non maîtrisable «provocation-répression» n’est pas mineur : jeunes manifestants et forces de l’ordre n’ont pas vocation à «s’entretuer». Or c’est à cela que par notre silence ou par nos invectives nous les poussons.

    SM le Roi a créé une commission d’enquête, prémices à des décisions énergiques. Ne serait-il pas temps que les Marocain(e)s de bonne volonté, les citoyens épris de concorde et de justice fassent entendre leur voix ?

    Le Web, les réseaux sociaux sont -nous le savons tous- une formidable caisse de résonance, capables de répercuter, d’amplifier, d’entraîner le meilleur et le pire, or ils ne sont actuellement que les porte-voix d’insultes, d’appels à la haine, de rejet, d’anathèmes et d’excommunication allant de «séparatistes» à «ayachistes», en passant par autres «traitres» et autres «makhzéniens»…

    Nous avons tout faux et hélas force est de constater que nous n’avons nul besoin d’ennemis, nous nous suffisons fort bien à nous-mêmes. Que fleurissent donc sur tous les réseaux sociaux les appels à l’entente, que chacun(e) d’entre nous utilise son profil, sa page Facebook, son compte Twitter, son groupe d’amis virtuels pour appeler au dialogue, à l’apaisement.

    Unissons nos efforts pour inciter à la raison, pour faire parler le coeur… Bien sûr des esprits chagrins voudront y voir un côté bisounours qu’ils tourneront en dérision, que m’importe -que nous importe- la paix sociale, la justice sociale valent bien quelques moqueries ou quelques injures !

    Nous réussirons tous ensemble, ou nous périrons tous ensemble, nous sommes les enfants de l’addition, allons-nous laisser la division gangréner nos cœurs et nos esprits sans réagir ?

    Cela ne nous ressemble pas, cela «n’est pas nous».

    Multiplions les paroles d’apaisement, évitons les propos qui blessent, qui dressent des murs, soyons les médiateurs que notre culture, notre tradition nous ont appris à être…

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